Mot du président

Nous sommes à présent à mi-chemin du cinquième mandat depuis la création du Conseil supérieur de la Justice.

Ces dernières années et singulièrement depuis 2014, la cadence des réformes au sein de la Justice s’est considérablement accélérée.

Dans ce contexte du réaménagement du paysage judiciaire, de la gestion autonome et de la création des Collèges du siège et du ministère public, le CSJ réalise ses missions constitutionnelles et légales.

Nous sommes pleinement conscients de ces nouvelles structures et des acteurs ainsi apparus avec leurs propres compétences et aspirations qui gagneraient, pour certaines, à être clarifiées. Au même titre que ces nouveaux acteurs du paysage judiciaire, le CSJ promeut un identique objectif, celui d’apporter sa contribution à une justice performante, moderne, accessible et surtout à dimension humaine.

Les commissions de nomination et de désignation respectives veillent en permanence à professionnaliser et à affiner leurs méthodes de sélection, toujours dans la finalité d’une présentation ou d’une désignation des meilleurs candidats, chefs de corps et magistrats. Elles sont parallèlement attentives à la diminution constatée du nombre de participants aux examens d’accès à la magistrature et à l’érosion de l’intérêt pour la fonction de magistrat en général.

En exécution de notre ambitieux plan pluriannuel, dénommé plan Crocus, des auditeurs complémentaires sont recrutés afin de pouvoir jouer pleinement notre mission de contrôle externe du pouvoir judiciaire, en promouvant la maîtrise interne ainsi qu’au moyen d’audits et d’enquêtes particulières.

Dans les nombreux avis émis tant à la demande des décideurs politiques que sur propre initiative, l’accent est mis sur les nombreuses lacunes des propositions et projets de loi.

L’examen des plaintes des justiciables nous permet d’identifier et de suivre de près les aspirations des utilisateurs de la Justice.

Au niveau international, le CSJ continue à assumer son rôle de précurseur. Notre élection au Bureau exécutif (Executive board) du Réseau européen des Conseils de la Justice nous offre des contacts essentiels avec tous les Conseils de la justice au sein de l’Union européenne. Notre récente adhésion au Réseau francophone des conseils de la Magistrature judiciaire (RFCMJ) structure nos relations avec les conseils francophones de par le monde. Des projets bilatéraux et multilatéraux sont en outre initiés et le CSJ donne une impulsion essentielle à la collaboration entre services nationaux d’inspection.

Le fonctionnement quotidien du CSJ illustre de manière éclatante combien sa composition paritaire - pourtant souvent contestée - y associant un nombre égal de magistrats et de non-magistrats assure une intéressante interaction et des échanges permanents. La collaboration des magistrats, des avocats, des professeurs et des membres issus de la société civile génère une plus-value essentielle à la prise de décision au sein de tous les organes de notre institution.

Les enjeux pour la Justice du XXIème siècle sont conséquents, complexes mais simultanément passionnants.

Nous pouvons heureusement compter au quotidien sur l’investissement soutenu des avocats, magistrats et des collaborateurs judiciaires qui font la différence dans leur bureau, leur tribunal, leur greffe et leur parquet et qui, chacune et chacun, contribuent à leur manière au bon fonctionnement de la Justice, forts de la conviction que la loi et son application sont et demeurent des instruments fondamentaux dans la sauvegarde des valeurs de notre Etat de droit et de notre société.

Le CSJ continuera à s’y atteler sans relâche avec chacun d’entre eux.

Joris LAGROU

Président du Conseil supérieur de la Justice

 

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