Communiqué de presse : La magistrature fait-elle encore rêver les avocats ?

Le nombre de candidats magistrats est en chute libre ces cinq dernières années. Le Conseil supérieur de la Justice (CSJ) s’en est déjà inquiété et a entrepris, à plusieurs reprises, différentes actions pour tenter de contrarier cette situation préoccupante.

En collaboration avec les Ordres des Barreaux, le CSJ a organisé un sondage auprès des avocats afin de tenter d’objectiver et de comprendre ce manque apparent d’intérêt pour la magistrature.

Le sondage a révélé que, malgré la baisse enregistrée ces dernières années, les avocats restent majoritairement intéressés, avec une nette préférence pour la magistrature assise. Et cependant, il faut bien constater que, parmi eux, de moins en moins se décident à franchir le cap.

Le dernier appel à candidatures en témoigne une nouvelle fois. Ainsi, on ne dénombre que 137 inscrits côté francophone et 141 côté néerlandophone alors qu’ils étaient encore respectivement 256 et 296 à se lancer dans l’aventure en 2014. Parmi les nouveaux inscrits, près de 70 % sont avocats.

Tant au Nord qu’au Sud du pays, les avocats expliquent leur intérêt pour le métier de magistrat par l’attractivité intellectuelle de la profession et le rôle sociétal important du magistrat.

Hélas, ces éléments ne sont pas suffisants pour compenser la perception plus négative qu’ont les avocats de l’exercice au quotidien de la fonction, en raison notamment de l’environnement, des conditions de travail ainsi que des conditions financières. Les diverses réformes au sein de l’organisation judiciaire (autonomie de gestion, mobilité, …) semblent également jouer un rôle dissuasif.

Ces inquiétudes, qui éloignent les candidats potentiels, appellent une réflexion en profondeur de tous les acteurs et décideurs, en ce compris évidemment et surtout politiques, permettant de susciter à nouveau l’attrait des éléments les plus prometteurs vers la magistrature, fonction essentielle pour la bonne et juste organisation de notre démocratie.